Vie monastique

Quand on évoque le silence, on pense souvent au silence des mots, au fait de se taire. Et, si on s’arrête à cette conception négative du silence, on risque très vite de le ressentir comme un fardeau pesant, une barrière qui empêche la communication, et donc la communion. C’est pourquoi il est nécessaire d’aller plus loin, plus profondément, pour découvrir que le silence lui-même nous parle. ...

Pour pouvoir servir les frères sans récriminer, celui qui sert doit recevoir un peu plus. Ce supplément, saint Benoît l’envisage ici comme un supplément alimentaire, mais on pourrait aussi considérer qu’il puisse s’agir d’un supplément de considération, d’affection, de respect. Celui qui sert a besoin de voir son service reconnu, apprécié, pour continuer à travailler avec tout son cœur, dans la joie du service. ...

Ce qui est souligné dans ce chapitre, c’est la nécessité pour l’abbé, ou ceux qui sont chargés de la formation des frères, de bien discerner la personnalité de chacun d’eux. Chaque frère est unique, mais à âge identique, certains peuvent avoir plus de maturité que d’autres, et on ne peut donc pas réglementer dans l’abstrait pour tous. ...

Après l’ensemble des chapitres qui traitent de l’office divin, vient un autre ensemble qui aborde la ‘’discipline régulière’’. Une communauté forme un corps, comme on dit de l’Église qu’elle est un corps, le Corps du Christ. Ses membres sont solidaires entre eux, observent un certain nombre de lois, et le fait d’enfreindre ces lois porte atteinte au corps tout entier qu’est la communauté. ...

Saint Benoît organise ici, dans le détail, l’office des Laudes où, comme pour la plupart des grands offices, on commence toujours par le chant des psaumes répartis suivant les jours de la semaine. Il accorde une place particulière au psaume 50 qui revient chaque matin. C’est un psaume de pénitence, mais qui nous fait chanter la miséricorde de Dieu et qui prépare ainsi nos cœurs pour la louange. ...

Après le rire, il est question ici de la parole. Comme le rire excessif, bruyant ou même ironique peut traduire un manque d’intériorité et d’attention à Dieu, la parole excessive nuit aussi au recueillement. Elle empêche l’attention à Dieu, l’écoute de la Parole, c’est-à-dire l’écoute du Seigneur Jésus qui est le Verbe fait chair et qui se révèle à nous dans les Écritures et dans tout ce qui les entoure. ...

Après l’obéissance et le silence, voici l’humilité, autre élément du combat spirituel, et qui sont, tous les trois, inséparables. Observée du simple point de vue humain, l’humilité peut être considérée comme une qualité morale que l’on confond souvent avec la modestie ...

Dans le Prologue, saint Benoît nous invite à revenir vers le Père. Tout au long de sa Règle, et surtout au début, il donne les grands principes qui doivent nous conduire, les attitudes qui sont à la base d’une vraie conversion, en particulier : l’obéissance et l’humilité. ...