Produire la céramique

Dès son retour au Bec, en 1948, notre communauté a développé une production artisanale de faïences. Les Ateliers du Bec, s.a.s ont été créés en 1957 . Nous assurons sur place toutes les étapes de la chaîne de fabrication de la céramique, depuis la création des formes jusqu’à leur cuisson finale.
Principalement axée sur les arts de la table, notre production est commercialisée sur place, dans le magasin de l’abbaye.
La chaîne de fabrication comprend 6 étapes principales, dont certaines se décomposent en plusieurs opérations :

       1. Création des modèles et fabrication des différents moules en plâtre pour le coulage des pièces de faïence

 

A partir d’un modèle taillé dans le plâtre, on élabore un premier moule qui sert de base pour la réalisation du moule mère (= le moule du moule). C’est à partir de ce dernier que les moules de tirage sont fabriqués.

 

La terre de coulage use les moules de tirage. Il faut donc les renouveler périodiquement (tous les 70 tirages environ)

         2. Le coulage proprement dit de la terre dans les moules

 

Cette terre liquide, appelée « barbotine », est fabriquée sur place à partir des matières premières achetées. Grâce au pouvoir absorbant du plâtre, la pièce se durcit dans le moule. Au bout de trois heures environ, elle peut être démoulée. Elles est alors travaillée pour les finitions (collage des anses, par exemple).

 

Cette pièce sèche à l’air libre pendant 3 semaines avant d’être vérifiée, poncée, puis cuite une première fois.

        3.  La première cuisson

 

Elle est réalisée dans un four électrique de 1,5 m3 à 1040°. Chaque pièce est intégrée au montage en petites piles sur des plaques et des supports. Cette cuisson dure environ 18h + 24h pour le refroidissement.

 

La pièce sortie du four est appelée « biscuit » : sa couleur a changé et elle est devenue solide. Il faut alors l’émailler pour la rendre utilisable

        4. L’émaillage

 

Il est réalisé au moyen d’un pistolet à air comprimé. L’émail, mélangé à de l’eau, est projeté sur chaque pièce en plusieurs couches. Pour certaines pièces unies, la superposition de plusieurs émaux différents donne toute leur profondeur et leur chatoiement aux couleurs

        5.  La décoration

 

Une bonne partie de la production est décorée au pinceau, à main levée. Nos décors s’inspirent librement de la tradition décorative de la faïence française.

        6.  La deuxième cuisson

 

Une deuxième cuisson à 960° est enfin nécessaire pour toutes les pièces émaillées. C’est elle qui permet d’obtenir cette brillance qui fait chanter les couleurs, si caractéristique de la faïence.