L’accueil bénédictin

Saint Benoît introduit son chapitre sur la réception des hôtes par ce passage commenté de l’évangile de Matthieu: «Tous les hôtes survenant au monastère doivent être reçus comme le Christ, car lui-même dira un jour: «J’étais sans toit et vous m’avez reçu ». Il reprend ainsi, dans sa Règle, le précepte du Seigneur: «Ce que vous avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt.25, 36 et 40).

 

Tous les hôtes survenant au monastère doivent être reçus comme le Christ, car lui-même dira un jour: «J'étais sans toit et vous m'avez reçu »

L’accueil des hôtes, qui a une place essentielle dans la Règle bénédictine, veut concrétiser le commandement du Seigneur sur le double amour rendu à Dieu et au prochain. Et si ces conseils évangéliques, valables pour tout chrétien, n’ont rien de spécifiquement bénédictin, leur application dans les différentes communautés bénédictines essaye de répondre, sinon à la lettre, du moins dans son esprit, à ce que saint Benoît demande au chapitre 53 de sa Règle:

 

«Dès qu’un hôte est annoncé, le supérieur et les frères iront l’accueillir avec une charité toute prête au dévouement. D’abord, qu’ils prient en commun, ensuite qu’ils communient dans la paix […] Les frères doivent saluer les hôtes humblement […] pour honorer en eux le Christ, puisque c’est lui que l’on reçoit en eux […] L’abbé versera l’eau sur les mains des hôtes […]; après quoi, on dira ce verset: «Nous avons reçu, Ô Dieu, ta miséricorde au milieu de ton Temple» (Ps.48,10).

 

Aujourd’hui, dans de nombreux monastères, le supérieur continue cette belle tradition hautement symbolique, de verser l’eau sur les mains des hôtes à l’entrée du réfectoire. On peut dire que toutes les communautés bénédictines ont la particularité d’accueillir les hôtes au cœur de leur vie, que ce soit au réfectoire, dans l’église, dans leur prière, même si la séparation existe toujours entre eux et les moines.

 

L’accueil et le soin des hôtes est confié par le supérieur à un frère «craignant Dieu» (c’est à dire éprouvant pour Dieu un profond respect) qui a la charge de l’hôtellerie ou Maison des hôtes.

 

C’est dans l’esprit évangélique de la Règle que les bénédictins gardent toujours fidèlement cette vocation d’accueil.