La saint Jean – Jn (20, 2-8)

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Catégorie : Homélies

saine

Évangile« L’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau »

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Homélie :

Au lendemain de Noël, nous contemplons à nouveau le mystère de l’incarnation : Dieu en Jésus rejoint notre humanité et s’inscrit dans la vie familiale. Guidé par Marie et Joseph, vers sa maturité humaine et spirituelle, Jésus, à 12 ans, accomplit son engagement religieux par l’attachement personnel à la Loi de Dieu – la Bar Mitzvah – équivalent dans son milieu juif de ce qui deviendra pour nous la Profession de Foi. Son attitude et sa parole, qui ne sont plus d’un enfant, nous invitent à comprendre qu’il est pleinement homme et qu’il est pleinement Dieu-avec-nous. Marie et Joseph, qui gardaient dans leur cœur les paroles de l’ange à leurs annonciations sont ramenés au mystère de sa naissance et nous-mêmes avec eux dans l’accueil de l’évangile pouvons approfondir la grâce de notre adoption filiale.

Jésus, comme homme donne à nos familles sa noblesse la plus grande. Voyez comme Marie et Joseph en s’aimant sous le regard de Dieu, ouverts au mystère de la naissance de Jésus, l’accompagnent dans l’apprentissage de sa liberté humaine, dans l’apprentissage humain de l’amour, respectueux et confiants : ils laissent Jésus approfondir son expérience d’engagement religieux une journée entière sur le chemin du retour…  Nous sommes appelés à accompagner nos enfants dans un amour respectueux et confiant, même si leur chemin s’écarte parfois de celui que nous leur avons tracé jusque-là et que nous pouvons dire avec Marie : »Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi! ».

Jésus se prête à ce dialogue avec ses parents qui disent avec confiance leur incompréhension. C’est l’occasion pour lui de partager avec eux son mystère personnel qui se révèle à Jérusalem, justement dans la maison de Dieu, dans son temple saint. Grâce à ses parents, il va vers Dieu, vers son Père pour le rencontrer dans son temple. Il a certainement prononcé avec ses parents et ses proches les psaumes dits «des montées», sur le chemin qui le conduisait en pèlerinage à Jérusalem : « Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur » (Ps121). Et là dans son Temple, Jésus rencontre son Père, il se met à dialoguer avec Lui en dialoguant avec les maîtres de la Loi : Jésus écoute et interroge ceux qui ont reçu de son Père la mission de transmettre l‘Écriture, le lieu de la Parole de Dieu. La Loi c’est la Torah c’est-à-dire tout ce qui raconte et institue l’alliance de Dieu avec son peuple. Bien sûr, la sagesse avec laquelle Jésus parle de la Loi signifie que ses parents lui ont déjà fait découvrir l’Écriture. Et c’est pourquoi il se livre à eux avec confiance : Jésus leur partage son mystère dont ils ont reçus tous deux l’annonce : » Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être! »

Jésus rappelle à Joseph et Marie ce qui leur a été dit dès sa conception, Même « s’ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait » ils en feront mémoire pour nous et avec nous. Avec Marie et Joseph accueillons dans notre cœur le mystère et la bonne nouvelle du Seigneur Jésus : il se révèle à nous dans son humanité, celle d’une famille humaine. Il se révèle dans sa divinité il nous invite à participer à l’une et à l’autre.

« Et Jésus leur était soumis ». L’Esprit-Saint nous transformera en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes par cette obéissance de la Foi Dans la communion au Christ nous vivrons notre humanité, notre vie de famille, avec ses joies et ses peines, dans cette espérance de la vraie vie qui est Amour, respect et liberté, qui est Dieu.

Frère Jean Marie
Moine du Bec

Eugène Burnand (1850-1921) : Les disciples Pierre et Jean courant au sépulcre