Fête de Saint Benoit – Matthieu (5, 13-16)

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Catégorie : Homélies

Évangile : « Vous êtes le sel de la terre »

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.


« Seulement à travers les hommes qui sont touchés par Dieu,
Dieu peut faire retour auprès des hommes ». (Cardinal Ratzinger)

Homélie : Proverbes 2, 1-9, Colossiens 1, 12-20, Matthieu 19, 27-29

Chers Frères et sœurs dans le Christ !

En ce jour où nous fêtons le « Transitus » de notre Bienheureux Père Saint Benoît, rappelons nous de ceci, de ce qu’il nous a donné individuellement et communautairement comme orientation et héritage de vie, en nous disant  : « Toi donc, – c’est-à-dire tout homme qui se presse vers la patrie du ciel -, pratique jusqu’au bout, avec l’aide du Christ, cette toute petite Règle écrite pour des débutants. Alors, avec la protection de Dieu, tu parviendras à ces sommets plus élevés d’enseignements et de vertus que nous venons de rappeler. Amen. »

Par ces paroles de Saint Benoît qui terminent la règle qu’il a confié à ces moines et moniales de tous les temps, qui, dès lors,  la conservent et avec la grâce de Dieu cherchent à l’observer. Invoquons donc son intercession, en ce jour où nous faisons mémoire de son Transitus vers la patrie céleste, pour qu’il veille sur cette abbaye, sur tout l’Ordre Bénédictin . Ensemble nous lui confions toute l’humanité, et notre continent en particulier qui a, en Saint Benoît, l’un de ses patrons.

Tous ensembles devant Dieu, nous voulons nous interroger sur la qualité de notre suite du Christ et de notre façon d’être disciples. L’homme qui cherche Dieu, reçoit de Lui une illumination intérieure, qui lui permet d’avancer, de découvrir et de goûter toujours plus, le Christ comme l’Origine, la Vie, le But de cet itinéraire. Les paroles de Saint Benoît que nous avons entendues le confirme: il nous parle d’un homme, du moine, de la moniale qui n’est ni dispersé (e), ni vagabond (e), mais pèlerin avec un but qui détermine toute son existence, cheminant « avec zèle et ardeur » c’est-à-dire, plein de désir. En lui, se réalise ce qu’affirme le prophète Isaïe : « Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher, mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer » (Is 40, 30-31).

Remercions le Seigneur, parce qu’en ces soixante seize ans de l’intuition fondatrice de Dom Grammont et de ces successeurs, cette communauté a témoigné, jour après jour, de la beauté, de la possibilité et de la crédibilité de la vocation monastique selon la Règle de Saint Benoît, elle a été aussi et demeure une référence pour beaucoup hommes et de femmes de notre temps, qui cherchent Dieu, mais ne savent comment entreprendre le chemin.

« Vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde » nous disait tout à l’heure l’évangile.  La vie des moines, ensembles, devient le lieu où se noue des dialogues avec le Seigneur et où chacun resplendit et se rend disponible dans la communauté des sauvés. Elle porte les signes décrits par Saint Paul dans la Lettre aux Éphésiens : « Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » (Eph. 4, 2-3) Et Saint Pierre de renchérir dans la 2ème lecture : « avant tout, ayez entre vous une charité intense… Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ. » Tel est le testament que notre Père Saint Benoît nous a laissé en nous invitant à le vivre à la lettre..

Pour terminer, je vous cite un écrit du Cardinal Ratzinger, alors, Préfet de la Congrégation du dicastère pour la foi : « Vous, moines, sachez, grâce à votre foi, rendre crédible Dieu dans ce monde qui n’est pas bien différent de celui dans lequel Saint Benoît vivait et mûrissait sa vocation. » Proclamez : « que nous avons besoin de racines pour survivre et que nous ne devons pas perdre de vue Dieu, si nous voulons que la dignité de l’homme ne disparaisse » et rappelez-vous « que seulement à travers les hommes qui sont touchés par Dieu, Dieu peut faire retour auprès des hommes ».

 

Père Dieudonné
Prieur du Bec