Homélie :
Chers frères et sœurs, nous célébrons aujourd’hui l’assomption de la Vierge Marie, son entrée définitive dans la gloire de Dieu. C’est une fête exceptionnelle à laquelle tous les chrétiens sont convoqués. Ils sont nombreux, chaque année, ceux et celles qui profitent de l’occasion pour se rassembler dans les divers lieux de pèlerinage. Les uns et les autres choisissent de se tourner vers Marie pour implorer sa protection.
Cependant, il nous faut éviter une confusion : Marie ne tient pas le rôle de Dieu. Elle nous conduit plutôt vers son Fils qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Et c’est par Lui, le Christ, et Lui seul que nous avons accès au Père.
Dans l’Évangile de la Visitation que nous venons d’entendre, Marie loue, glorifie le Seigneur, dans l’action de grâce, par une humble reconnaissance de tous les bienfaits que le Seigneur a fait en elle. Et tout au long de sa vie terrestre, Marie nous a donné le témoignage de sa foi, de sa confiance et de son entière disponibilité aux appels de Dieu.
Après avoir appris la nouvelle de sa cousine Élisabeth, elle part aussitôt et en toute hâte pour aider. Voilà un exemple pour nous qui sommes si facilement repliés sur nous-mêmes. Quand nous sommes fermés aux appels de ceux qui sont dans le besoin, c’est le Seigneur que nous rejetons. Mais Marie et toujours là pour nous apprendre à nous tourner sans attendre vers les autres et vers Dieu.
Dans le texte du magnificat de la Vierge Marie, je me suis arrêté sur une phrase : « Désormais tous les âges me diront bienheureuse ». Cette prophétie de la Vierge Marie, s’est effectivement accomplie. Depuis plus de deux mille ans, toutes les générations qui se sont succédées ont proclamé la béatitude de la Vierge Marie. Et nous-mêmes en ce jour, en communion avec toute l’Église, nous célébrons cet accomplissement. La Vierge Marie est inséparable de l’humanité réconciliée avec Dieu. Elle est pour nous la figure de l’humanité sauvée, transfigurée, en communion avec Dieu par le Christ.
Au Golgotha, quand Il était suspendu à la Croix, Jésus a donné à toute l’humanité, à travers son apôtre Jean, Marie comme Mère. A travers l’apôtre Jean, c’est toute l’humanité que le Christ confiait à Marie. « Voici ton fils, voici ta Mère ». Être mère est un des plus beaux cadeaux que Dieu accorde à une femme. Certes, elle n’est pas l’auteur de la vie, elle est celle qui accueille la vie, qui donne la vie et qui protège la vie.
En ce jour de la fête de son Assomption, rendons grâce au Seigneur pour ce merveilleux cadeau qu’il nous a fait en nous donnant Marie pour Mère. Emportée corps et âme dans le sein du Père, dans son mystère trinitaire, elle nous précède dans le Royaume.
Que ce chant du Magnificat soit le nôtre dans une immense action de grâce avec Marie.
Bonne fête à tous.
Père Dieudonné
Prieur du Bec