19ème dimanche du temps de l’Église -A- 2020 (Mt 14, 22-33)

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Catégorie : Homélies

Monition :
Chers frères et sœurs, nous entendrons tout à l’heure dans l’évangile, Pierre l’intrépide, demander à Jésus de lui ordonner de venir vers lui sur les eaux pour qu’il soit sûre que c’était vraiment Lui Jésus et non un fantôme. La réponse de Jésus ne s’est pas faite attendre, et c’est ce même Pierre qui demande à être sauvé quand il commençait à sombrer dans les eaux.

Jésus nous regarde avec la même tendresse et le même amour quand Il nous voit faire nos efforts pour le suivre… et tomber! Il essaie encore de nous rattraper par la main. Comme Pierre, demandons-lui de nous sauver de tous nos péchés, de tous les vents, de toutes les tempêtes et les vagues qui assaillent si souvent notre cœur et qui nous empêchent de le reconnaître.

Père Dieudonné
Prieur du Bec

Évangile : « Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux »

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »

Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Pas plus que Pierre, dans le « tumulte des nations », nous ne savons plus toujours accorder la réalité humaine à sa dimension spirituelle ... Au cœur de nos tempêtes, la Parole de Dieu nous guérit de nos peurs.

Homélie :

Lorsque nous lisons l’Évangile la meilleure façon de l’accueillir est de se laisser toucher par le récit et de le vivre en présence de Jésus comme l’interlocuteur qui reflète le mieux notre situation présente : ainsi cet engagement dans la Parole de Dieu deviendra pour chacun ‘bonne nouvelle qui guérit et qui sauve ‘.

Jésus marchant sur les eaux … et la barque des apôtres exposée au fracas des vents et des flots est menacée de naufrage.

Dans cette barque, comme dans le cœur des apôtres, c’est l’a tempête ! Ils ont peurcar ils ressentent – comme nous – à quel point le monde est troublé. Ne viennent-ils pas d’apprendre la mort injuste de Jean le Baptiste et Jésus qui se retire dans la solitude ? Et voilà que Jésus est là. Par sa simple présence, il apporte la paix. Aujourd’hui, nous sommes témoins des multiples tourments qui agitent notre monde, dont certains semblent sans issue comme ces guerres, interminables. Et pourtant, nous croyons et nous savons reconnaître Jésus qui vient au-devant de nous et nous tend la main pour nous sauver et nous nourrir de sa vie. Il nous visite à nouveau à travers la prière et le témoignage des personnes bien réelles qui l’ont rencontré.

Aujourd’hui arrêtons-nous à la figure de Pierre, auquel nous ressemblons si souvent. Comme à son habitude, il est entier. Sur une parole de Jésus :’Viens’, il s’élance sur les flots … Sa confiance toute humaine n’a pas encore vraiment expérimenté ce que la présence Jésus nous apporte et où elle nous conduit.

Au lieu d’écouter la voix du Seigneur et d’être habité par sa présence, Pierre se laisse effrayer et s’arrête à la force menaçante du vent. C’est cela qui le fait s’enfoncer dans les eaux.

Pas plus que Pierre, dans le « tumulte des nations », nous ne savons plus toujours accorder la réalité humaine à sa dimension spirituelle .. Comment se fait-il que la capacité de croire et de faire confiance soit en crise … jusque dans notre propre cœur? Au cœur de nos tempêtes, la Parole de Dieu nous guérit de nos peurs. Là où les forces de mort menacent notre foi, écoutons la voix de celui qui donne la vie.

La confiance spontanée ne conduit pas encore à une fidélité éprouvée : « cette fidélité éprouvée qui conduit à l’espérance ; et l’espérance ne trompe pas car l’amour de Dieu a été répandu dans notre cœur par l’Esprit-Saint qui nous a été donné » comme Saint Paul en témoigne d’expérience.

Même si, comme Pierre, nous sommes conscients de nos faiblesses, si nous choisissons de faire confiance au Christ, il nous rejoint dans nos épreuves et nous conduit de la mort à la vie à travers sa Pâque : sa mort et sa Résurrection, que nous célébrons et auxquelles nous communions à chaque eucharistie, par son Esprit de Paix et d’ Amour.

 

Fr Jean Marie
Moine du Bec