Transfiguration 2026 (Mt 17, 1-9)

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Catégorie : Homélies

Monition :

Chers frères et sœurs en Christ, nous célébrons aujourd’hui la fête de la Transfiguration du Seigneur. Jour où Jésus a amené Pierre , Jacques et Jean à l’écart, sur une haute montagne.

Nous sommes venus nombreux aujourd’hui à cette fête pour aussi accompagner, dans leur action de grâce, Mère Placide et frère Raphaël, tous choisis par le Seigneur, et conduits sur « la haute montagne » de la consécration de leur vie, il y a 60 ans pour Mère Placide et 50 ans pour Frère Raphaël.

Tous, témoins et participants à l’action de grâce de ce jour, qui doit être pour « une transfiguration », disposons humblement notre cœur à bien recevoir la voix du Père par l’invitation qu’Il nous faite d’écourter Sa Parole, et d’accueillir son Fils Bien aimé.

 

Père Dieudonné
Prieur du Bec

Évangile : « Son visage devint brillant comme le soleil »

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.

Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.

Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Écouter ! N’est-ce pas le même mot que notre Père saint Benoît emploie au début du prologue de sa Règle de vie pour inviter les disciples qui veulent être à l’école du Maître et qui cherchent à parvenir à la vie éternelle ?

Homélie du 6 août 2026

Jubilé de 60 ans de vie religieuse pour Mère Marie Placide
Jubilé de 50 ans de vie religieuse pour Frère Raphaël

Jésus, sur le point de prendre le chemin de Jérusalem où il sera crucifié, laisse entrevoir, à ses apôtres privilégiés, sa résurrection. Il leur laisse deviner à quelle lumière, à quelle splendeur, conduit la fidélité envers Dieu. Et pour ainsi confirmer tout cela une voix se fait entendre, celle du Père: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Dieu le Père nous invite à écouter Jésus. Et Jésus désire tant nous parler par sa Parole, dans l’événement, dans l’autre qui croisera notre route aujourd’hui.

L’aspect habituel de Jésus est changé. Sa face resplendit « comme le soleil ». Son vêtement devient « d’une blancheur fulgurante » nous dit le récit de la Transfiguration.

Ce Jésus que les disciples connaissaient bien, et dont l’aspect, dans la vie quotidienne, ne différait pas de celui des autres, leur apparaît soudain sous une forme nouvelle et glorieuse.

Parfois, nous aussi, nous devenons conscients de la présence de Jésus dans telles ou telles personnes que Dieu a mises sur notre route, surtout quand il nous est donné de nous pencher, et de les voir toutes joyeuses, ces personnes entièrement données à Dieu, à leurs frères et sœurs, ou de nous pencher avec compassion sur leurs souffrances : ces personnes prennent alors le visage de Jésus-Christ avec les yeux de la foi.

Qu’est-ce qui peut nous transfigurer et nous donner le visage de Jésus ? Je crois qu’ayant dit un OUI profond à la charité, à l’Amour, comme l’ont fait nos deux jubilaires de ce jour: Mère Marie Placide il y a 60 ans et frère Raphaël il y a 50 ans, aimer pour Dieu et Dieu seul, comme Il le veut, on peut ensuite montrer le visage Miséricordieux de Jésus. Cela est une transfiguration.

Dans le récit du texte de l’évangile de la Transfiguration de Jésus que nous venons d’entendre, une des paroles touchantes de saint Pierre attire notre attention:  « Seigneur, il est bon que nous soyons ici… » Je crois que les deux jubilaires que nous fêtons aujourd’hui, non qu’ils étaient au mont Thabor en Israël, il y a 60 ans pour Mère Marie Placide et 50 ans pour Frère Raphaël, mais à un autre « Mont Thabor, ce lieu de proximité permanente de Dieu et de la rencontre avec Lui, celui de l’abbaye du Bec, où ils se sont engagés par amour et ont fait le choix d’y demeurer pour toujours. Merci pour votre fidélité qui a beaucoup porté et qui porte encore beaucoup de fruits à nos communautés et à l’Église de Dieu.

C’est là, en cette même Abbaye, où, par les yeux de la foi et de la confiance, ils ont voulu expérimenter et expérimentent encore dans l’espérance, ce que nous allons tous vivre lorsque nous allons voir le Christ tel qu’il est, sans masque, sans filtre. C’est ce que saint Pierre et les deux autres apôtres, encore sur terre, ont vécu d’une manière exceptionnelle.

Ce moment de la Transfiguration est une anticipation de l’éternité. Nous sommes là au cœur de la foi. Jésus n’est pas un homme extraordinaire, Il est le Fils de Dieu fait homme, le Fils bien-aimé du Père, que nous sommes invités à écouter, à suivre. Car le message qu’il transmet est vraiment l’enseignement du Père.

Écouter ! N’est-ce pas le même mot que notre Père saint Benoît emploie au début du prologue de sa Règle de vie pour inviter les disciples qui veulent être à l’école du Maître et qui cherchent à parvenir à la vie éternelle ?

Et lorsque nous nous laissons toucher par le Christ, lorsque nous permettons sa grâce de faire son œuvre en nous, nous sommes, à notre tour transfigurés. Car il nous aide à voir la vie autrement, à accueillir la vie autrement, à voir l’autre et nous-mêmes, autrement.

Nous sommes donc invités, nous disciples du Seigneur, à descendre de la montagne, à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre nos frères et sœurs, à notre place, dans le monde, dans ce qu’ils vivent et leur communiquer, comme messagers de l’espérance, le fruit de notre contemplation, le fruit de notre fidélité et intimité avec Dieu.

Vous tous qui êtes venus si nombreux à cette célébration, avec nos deux jubilaires, rendons grâce à Dieu pour sa fidélité, pour la confiance qu’il nous fait, et pour l’amour incommensurable qu’il nous donne par sa Parole, Jésus-Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Amen.

Bon jubilé et bonne fête à tous.

 

Père Dieudonné
Prieur du Bec