Homélie :
Nous avons besoin de modèles pour nous construire humainement et spirituellement. Quel modèle désirons-nous suivre pour guider notre vie ?
« Si quelqu’un veut marcher derrière moi » nous propose Jésus aujourd’hui… L’appel de Dieu est toujours un appel à suivre Jésus. Ne cherchons pas à le devancer dans une voie de traverse. Ne cessons pas de marcher derrière lui sans nous arrêter aux obstacles, épreuves ou tentations, que nous partageons avec lui et qui jalonnent notre marche : car Jésus est lui-même, le chemin, la vérité et la vie ».
Posons-nous la question : quel rayonnement de notre être cherchons-nous ? Attendons-nous cette gloire d’une réussite personnelle ? de la reconnaissance des autres ? C’est une question vitale pour notre foi. St Jean rapportera cette parole cruciale de Jésus à ceux qui refusent de le suivre : « comment pouvez-vous croire vous qui cherchez la gloire les uns des autres plutôt que la gloire qui vient de Dieu ? ».
St Paul nous « exhorte à offrir notre personne et notre vie en offrande sainte capable de plaire à Dieu » pour une transformation spirituelle de notre jugement à la suite de Jésus. Le prophète Jérémie, dans sa mission d’appeler à la conversion – comme tous les prophètes, comme Jésus lui-même et nous après lui – se heurte à tous ceux qui cherchent leur bonheur dans leur propre jugement plutôt que dans la confiance en Dieu qui nous aime et qui nous conduit à témoigner de Lui.
Cette transformation spirituelle de notre jugement ne s’opère que par la foi en l’Esprit-Saint qui nous anime et son fruit de confiance, « qui nous conduit à l’Amour » (St Thérèse de Lisieux). C’est ce feu dévorant de l’amour de la Parole de Dieu, qui lui est confiée, qui brûle au cœur de Jérémie. C’est ce « feu que Jésus est venu apporter sur la terre ».
Le feu de l’Esprit Saint ne consume pas mais illumine. Il ne consume que l’ivraie de notre cœur et transforme la semence de la Parole de Jésus en large moisson. « Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; s’il meurt il porte beaucoup de fruit ». Cette mort à notre moi, à la suite de Jésus est participation à sa Pâque : suivre Jésus en portant notre croix c’est revêtir le Christ: marcher derrière Jésus, c’est suivre Jésus dans la désappropriation par amour qui le conduit au Père dans le mystère de sa mort et sa Résurrection.
C’est le don incompréhensible de notre communion au Corps et Sang du Christ que nous partageons à chaque eucharistie. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Offrons-nous au Père avec Jésus et accueillons le feu de son amour.
Fr Jean-Marie
Moine du Bec