Homélie :
Lorsque nous lisons l’Évangile la meilleure façon de l’accueillir est de se laisser toucher par le récit et de le vivre en présence de Jésus comme l’interlocuteur qui reflète le mieux notre situation présente : ainsi cet engagement dans la Parole de Dieu deviendra pour chacun ‘bonne nouvelle qui guérit et qui sauve ‘.
Jésus marchant sur les eaux … et la barque des apôtres exposée au fracas des vents et des flots est menacée de naufrage.
Dans cette barque, comme dans le cœur des apôtres, c’est l’a tempête ! Ils ont peurcar ils ressentent – comme nous – à quel point le monde est troublé. Ne viennent-ils pas d’apprendre la mort injuste de Jean le Baptiste et Jésus qui se retire dans la solitude ? Et voilà que Jésus est là. Par sa simple présence, il apporte la paix. Aujourd’hui, nous sommes témoins des multiples tourments qui agitent notre monde, dont certains semblent sans issue comme ces guerres, interminables. Et pourtant, nous croyons et nous savons reconnaître Jésus qui vient au-devant de nous et nous tend la main pour nous sauver et nous nourrir de sa vie. Il nous visite à nouveau à travers la prière et le témoignage des personnes bien réelles qui l’ont rencontré.
Aujourd’hui arrêtons-nous à la figure de Pierre, auquel nous ressemblons si souvent. Comme à son habitude, il est entier. Sur une parole de Jésus :’Viens’, il s’élance sur les flots … Sa confiance toute humaine n’a pas encore vraiment expérimenté ce que la présence Jésus nous apporte et où elle nous conduit.
Au lieu d’écouter la voix du Seigneur et d’être habité par sa présence, Pierre se laisse effrayer et s’arrête à la force menaçante du vent. C’est cela qui le fait s’enfoncer dans les eaux.
Pas plus que Pierre, dans le « tumulte des nations », nous ne savons plus toujours accorder la réalité humaine à sa dimension spirituelle .. Comment se fait-il que la capacité de croire et de faire confiance soit en crise … jusque dans notre propre cœur? Au cœur de nos tempêtes, la Parole de Dieu nous guérit de nos peurs. Là où les forces de mort menacent notre foi, écoutons la voix de celui qui donne la vie.
La confiance spontanée ne conduit pas encore à une fidélité éprouvée : « cette fidélité éprouvée qui conduit à l’espérance ; et l’espérance ne trompe pas car l’amour de Dieu a été répandu dans notre cœur par l’Esprit-Saint qui nous a été donné » comme Saint Paul en témoigne d’expérience.
Même si, comme Pierre, nous sommes conscients de nos faiblesses, si nous choisissons de faire confiance au Christ, il nous rejoint dans nos épreuves et nous conduit de la mort à la vie à travers sa Pâque : sa mort et sa Résurrection, que nous célébrons et auxquelles nous communions à chaque eucharistie, par son Esprit de Paix et d’ Amour.
Fr Jean Marie
Moine du Bec