Sainte Marie, Mère de Dieu- Luc (2, 16-21)

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Catégorie : Homélies

 

 

Évangile « Ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né. Quand fut arrivé le huitième jour, l’enfant reçut le nom de Jésus »

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Sandro Botticelli : la Madone du Livre - vers 1480 - Milan
Lorsque Dieu nous donne une mission, il ne nous prend pas comme des instruments purement passifs, inanimés. Il fait appel à notre coopération. Et c’est ce qui fait que l’œuvre réalisée sera à la fois celle de Dieu et la nôtre.

Homélie :

La fête de Marie, Mère de Dieu est célébrée le 1er janvier de chaque année, Journée mondiale de prière pour la paix qui prend place elle aussi le 1er janvier.

Chaque 1er janvier, nous avons pris l’habitude, et avec raison, de nous souhaiter les uns les autres une bonne et heureuse nouvelle année. Un souhait plein de reconnaissance, de gratitude, d’espérance, et qui se veut nous projeter vers un avenir meilleur. Le 1er janvier est le jour par excellence où nous sommes invités à nous émerveiller de la grandeur de Marie. Être la Mère de Dieu est une grâce inouïe, absolument unique.

Chacun sait aussi qu’il y a toujours un lien très particulier entre un enfant et sa mère. Et c’est vrai aussi de Jésus et de Marie ! Si vous me permettez l’expression : Marie n’est pas une « mère porteuse » ; c’est la vraie mère de Jésus. Elle ne se contente pas de  » prêter son corps  » pour cette maternité. Cette maternité l’engage beaucoup plus profondément.

Ce titre de Téotokos nous dit aussi quelque chose de l’humanité de Dieu. Dieu accepte de naître d’une créature humaine. Et en même temps, cela nous dit quelque chose de la considération que Dieu a pour Marie. Quelle confiance Dieu a-t-il en Marie pour lui confier une telle mission.

Cette solennité de Marie Mère de Dieu est la plus grande fête en l’honneur de Marie. Elle est le fondement de toutes les autres. Si Marie est immaculée dans sa conception, c’est bien en vue de sa mission de Mère de Dieu ; si on fête l’Assomption de Marie, c’est bien parce que Dieu ne pouvait pas se faire une raison de laisser se dégrader ce corps qui l’avait porté. Mais cette mission de Marie ne doit pas nous rendre jaloux en pensant ou en disant : « quelle chance elle a eue » ! Dieu agit en nous d’une manière similaire à ce qu’Il a fait pour Marie. Lorsque Dieu nous donne une mission, il ne nous prend pas comme des instruments purement passifs, inanimés. Il fait appel à notre coopération. Et c’est ce qui fait que l’œuvre réalisée sera à la fois celle de Dieu et la nôtre. On y verra à la fois la main de Dieu et la nôtre. On le voit bien avec les écrivains sacrés. Saint Jean n’écrit pas de la même façon que Saint Luc ou Saint Matthieu. Chacun le fait avec sa grâce propre, avec ses talents, son intelligence, son tempérament, le vocabulaire dont il dispose. Il n’empêche que c’est toujours la Parole de Dieu mais la Parole de Dieu individualisée, personnalisée, si l’on peut dire. En un sens, on pourrait dire sans trop exagérer que Marie est « l’écrivain » le plus sacré. Elle a donné chair à la Parole avec ce qu’elle était. La grâce que Dieu nous donne appelle toujours notre coopération.

Nous aspirons tous à vivre dans la paix. En effet, un enfant ne vient pas au monde pour être malheureux.  Mais la paix véritable, celle annoncée par les anges la nuit de Noël, n’est pas une simple conquête de l’homme ou le fruit d’accords politiques ; elle est tout d’abord un don divin qu’il faut implorer constamment et, dans le même temps, un engagement à conduire avec patience, en demeurant toujours dociles aux commandements du Seigneur.

Comme chrétien, nous sommes appelés à être des témoins du don de la paix, don de Dieu. A travers les obstacles et les lenteurs que nous pouvons constater dans notre vie, remplis de confiance en Dieu, nous pouvons témoigner que la paix est possible dans le monde, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos relations professionnelles, en nous et autour de nous. Jésus, à travers les apôtres nous a dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » Cette paix nous la recevons à chaque Eucharistie lorsque le prêtre nous dit : « Que la paix soit avec vous. » Et par la suite, le prêtre ou le diacre nous invite à poser un geste d’échange de la paix. On se contente maintenant d’un petit geste de la main, de la tête ou d’un regard, mais quel que soit le geste, lorsque nous le faisons, nous montrons que nous voulons construire une paix durable.

Que cette messe aujourd’hui qui nous rassemble dans la foi commune en Jésus, Fils de Dieu et fils de Marie, Mère de Dieu, soit pour nous une ouverture aux surprises de l’Esprit au cours de l’année qui commence. Soyons comme des « portes de miséricorde » qui s’ouvrent à tous ceux et celles qui sont dans le besoin. Et que le Corps du Christ reçu dans la communion soit notre soutien. « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde ! Qu’Il fasse briller sur vous son visage, qu’Il se penche vers vous, qu’Il tourne vers vous son visage et qu’Il vous apporte la paix. » Que Dieu vous bénisse de sa Paix par la tendre main de Marie, Mère de Dieu.

Voilà, chers frères et sœurs, ce que je souhaite pour chacune et chacun d’entre vous. Bonne, Heureuse et Sainte nouvelle année à vous tous. Amen.

 

Père Dieudonné
Prieur du Bec