Homélie :
Chers frères et sœurs,
Nous fêtons aujourd’hui la fête de l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, un des mystères glorieux. Fête qui marque la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples après sa résurrection.
Le texte de l’évangile de saint Matthieu que nous venons d’entendre ne relate pas explicitement l’ascension du Seigneur. Il rapporte plutôt la mission que Jésus confie à ses apôtres à cette dernière rencontre avec eux.
L’Ascension du Seigneur au ciel contient notre espérance chrétienne. En effet, le terme biblique imagé « Ciel » ne désigne pas un lieu géographique. Il ne s’agit pas de l’espace ciel qui est l’objet de conquête de notre temps, mais du monde divin inaccessible aux regards des hommes, aux prouesses scientifiques et technologiques des hommes.
Le Ciel où Jésus est entré, c’est la Maison de « notre Père qui es aux cieux », la demeure promise à tous les hommes, la destination de notre pèlerinage terrestre. Dans son Ascension, Jésus a emporté la réalité humaine qu’il a épousée et, de terrestre, l’a rendue céleste. Il a introduit la nature humaine dans le monde divin et la plénitude de la vie, rendant ainsi possible la divinisation de l’homme. C’est l’Homme qui, en Jésus ressuscité, règne déjà au ciel, assis à la droite du Père. La Résurrection que nous attendons n’est donc pas le retour de la mort à une vie terrestre, aussi belle et réussie soit-elle.
L’Ascension du Seigneur au ciel nous révèle aussi, à nous tous baptisés, notre vocation chrétienne, la belle mission que nous avons à accomplir ici-bas, avant de le rejoindre un jour : Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1, 8). Et aussi : Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé (Mt 28, 19-20a).
La mission du Christ ayant été pleinement et parfaitement accomplie, il était normal qu’elle cède la place à une autre étape du mystère du salut ainsi qu’à d’autres acteurs. C’est pourquoi l’Ascension clôture la période où le Christ était physiquement sur terre et inaugure une ère nouvelle, celle de l’Église.
Désormais, c’est aux disciples que nous sommes d’assumer la responsabilité de l’annonce de la Bonne Nouvelle. C’est le temps de la mission et du témoignage que tous les baptisés doivent rendre au Christ à travers de multiples engagements, aussi bien dans l’Église que dans la société civile, afin que chaque personne humaine, touchée par la tendresse paternelle de Dieu, découvre le lien unique qui l’unit au Christ ressuscité et soit habitée par l’espérance de la vie éternelle pour laquelle les hommes ont tous été créés.
Au cœur des tribulations de ce monde qui passe, nous avons la certitude de n’être jamais seuls, ni individuellement ni collectivement : Et moi, nous assure le Christ Sauveur, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28, 20).
Baptisés, notre vocation est d’être, au sein de l’Église et de nos communautés, servantes et serviteurs de la Miséricorde et de l’espérance. Que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous sachions quelle espérance nous donne son appel (cf. Ep 1, 18a).
En route vers la Pentecôte, vivons dans la joie cette belle fête de l’Ascension du Seigneur, en demandant, dans la confiance et dans la prière, comme les Apôtres au Cénacle, que l’Esprit Saint fasse de nous des témoins du Christ ressuscité. Amen.
Père Dieudonné
Prieur du Bec