Écouter une parole du Bec en 2023 – S01

PROLOGUE de la RÈGLE de SAINT BENOÎT :

Dimanche 1er janvier, solennité de sainte Marie, Théotokos :

Avec cette nouvelle année qui commence, nous reprenons la lecture de la Règle et nous pouvons avoir l’impression que c’est toujours la même chose ! Mais même avec les textes les plus connus, les plus lus et relus, les plus entendus, nous pouvons encore y faire des découvertes : une étincelle peut surgir et un sens caché peut se dévoiler. Le texte peut alors nous parler à neuf !

Nous avons dit hier que le temps n’étant pas cyclique, nous avançons ainsi vers la rencontre du Seigneur en vivant cette approche jour après jour, pas à pas, dans la fidélité et la confiance.

Que ce programme de mise en œuvre de la Règle ne nous effraie pas mais, au contraire, nous donne davantage de zèle pour le service du Seigneur et de nos frères.

Lundi 2 janvier :

Ce passage du Prologue nous invite à écouter la voix du Seigneur. Depuis le premier mot du Prologue, cette exhortation est répétée plusieurs fois, avec des citations des psaumes et de l’Apocalypse.

Cette écoute doit être une attention de tout notre être, à commencer par le cœur : « Aujourd’hui, mais écoutez donc sa voix ! N’allez pas endurcir vos cœurs ! (Ps. 95, 8) » Nos cœurs de pierre doivent devenir des cœurs de chair. La Règle nous invite à écouter cette voix. C’est la Parole de Dieu donnée en Jésus, celle que nous lisons en entendons chaque jour. Qu’elle imprègne et transforme nos vies.

Aujourd’hui, l’Évangile de Jean (Jn. 1, 19-28) fait écho à tous les Évangiles que nous avons entendu pendant le temps de l’Avent. Jean-Baptiste, reprenant les mots d’Isaïe, se définie seulement comme la voix : « La voix de celui qui crie ; dans le désert, rendez droit le chemin du Seigneur (Is. 40, 3) » répond-il aux envoyés des Juifs. Il ne peut confesser que ce qu’il est : une voix ; mais la voix de celui qui prépare le chemin du Seigneur.

 

Mardi 3 janvier :

On peut rapprocher ce passage du Prologue des textes que nous entendons aujourd’hui à la messe : la première Épitre de saint Jean nous rappelle l’amour du Père pour nous, Il veut faire de nous ses enfants et nous donner sa vie divine en plénitude. Et dans l’Évangile, Jean-Baptiste reconnait en Jésus le Fils de Dieu, celui sur qui repose l’Esprit-Saint.

Saint Benoît nous encourage à désirer la vie vraie et éternelle, celle que Jésus est venu nous donner. Pour cela, il faut pratiquer la justice et rechercher la paix, et marcher dans les voies du Seigneur.

Ce temps de Noël, préparé par l’appel à la conversion entendu pendant le temps de l’Avent, est le moment favorable pour accueillir cette vie nouvelle apportée par Jésus. Mettons à profit cette période plus calme pour accueillir ce don qui nous est fait.

 

Mercredi 4 janvier :

Ce passage du Prologue continue de développer celui d’hier. Sans le commenter en détail, on peut retenir deux points qui ont un lien avec la liturgie d’aujourd’hui :

D’abord, saint Benoît cite le psaume 14 : « Seigneur, qui entrera comme hôte sous ta tente, qui donc se reposera sur ta sainte montagne ? » L’appel est lancé à celui qui veut suivre le Seigneur et qui veut habiter dans sa maison. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous voyons deux disciples de Jean-Baptiste qui suivent Jésus. A la question de celui-ci : « Que cherchez-vous ? », ils répondent par une autre question : « Maître, où demeures-tu ? » Et le texte rajoute : « ils virent où il demeurait et ils restèrent auprès de lui. »

Nous aussi, nous sommes appelés à la suite de Jésus ; Nous commençons par demeurer avec Lui. Demeurer avec lui, c’est à la fois un commencement et une fin. Mais pour tendre vers cette fin, il y a des conditions à remplir, un programme à mettre en œuvre : pratiquer la justice, dire la vérité, faire du bien à son prochain, et briser contre le Christ les sollicitations diaboliques. C’est d’une certaine manière ce que nous dit aussi saint jean dans sa première Épitre : « Celui qui pratique la justice est juste comme lui, Jésus, est juste. Celui qui commet le péché est du diable. Et celui qui est né de Dieu demeure en Lui.

Dans le discours après la Cène, c’est ce que Jésus dira avec insistance : « Demeurez dans mon amour », car demeurer dans l’amour, c’est habiter la Maison de Dieu.

Jeudi 5 janvier :

Dans le Prologue, saint Benoît continue de développer l’appel du Seigneur à rechercher la vie véritable. Ce qu’il veut, c’est que le pécheur revienne au Seigneur pour obtenir cette vie véritable.

Là encore, nous rejoignons la Première Épitre de saint Jean qui nous dit que c’est par l’amour que nous pouvons passer de la mort à la vie. Et au chapitre premier de l’Évangile saint Jean rapporte l’appel des premiers disciples. Après Pierre et André, puis Jacques et Jean, c’est maintenant Philippe puis Nathanaël qui affirme sa foi en Jésus, Fils de Dieu.

C’est en revenant au Seigneur, en mettant notre foi en Lui, que nous pouvons bâtir sur le roc, car Il est lui-même le fondement de nos vies. Celui qui s’appuie sur les paroles du Seigneur et les accomplit est comme l’homme sage qui a fondé sa maison sur la pierre. Il peut marcher aves assurance à la suite du Seigneur. En ce temps où nous célébrons la nouveauté qu’il nous apporte par sa venue au monde, qu’il renouvelle aussi notre foi et fortifie notre amour.

 

Vendredi 6 janvier :

Saint Benoît revient ici sur notre demande adressée au Seigneur d’habiter sous sa tente, dans sa maison, et où Il est prêt à nous y accueillir dès maintenant. Mais cela ne va pas sans obligations dont les conditions sont développées tout au long de la Règle. Elles commencent par l’obéissance à son appel, autrement dit par le renoncement à notre volonté propre pour faire la sienne. Ce renoncement parait exigeant, mais c’est un chemin de liberté dans lequel le Seigneur est toujours prêt à nous guider, à nous aider par sa grâce.

Quand nous traversons des moments difficiles, personnels ou communautairement, Il nous assure d’être toujours présent à nos côtés. Saint Benoît nous le dit : « Demandons au Seigneur qu’Il ordonne à sa grâce de nous porter secours ». Et saint Jean sans sa première Épitre : « Celui qui met sa foi dans le Fils de Dieu possède en lui-même le témoignage de Dieu […] Et ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est dans son Fils. (1 Jn. 5, 10 et 11) ».

Ainsi, si nous marchons dès maintenant dans la confiance en Jésus, Fils de Dieu, et si nous faisons sa volonté, nous avons l’assurance de vivre dans sa Maison.

En remplissant ces conditions, nous pourrons parvenir à la vie éternelle et en gardant ses commandements nous montrons que nous aimons Dieu, et grâce à l’amour, ces commandements ne sont pas pesants. Et ainsi, nés de Dieu, nous demeurons dans son amour et nous sommes certains, dès maintenant, de la victoire.

Samedi 7 janvier :

« Á mesure que l’on avance dans la vie monastique et dans la foi, le cœur se dilate » nous dit saint Benoît à la fin de son Prologue, et on progresse dans la vois du salut. Et il conclut par ces mots : « Puissions-nous ne dévier jamais, persévérer en sa doctrine dans le monastère jusqu’à la mort, et partager les souffrances du Christ par la patience pour avoir part aussi à son Règne. »

En concluant le Prologue, saint Benoît propose d’instituer une école du service du Seigneur. On pourrait dire aussi que c’est une école de la charité. Ce qu’il propose dans sa Règle n’est pas hors de notre portée, il n’y a rien de dur ni de difficile ; il y a seulement quelques exigences !

Il ne faut donc pas se décourager, ni tout abandonner au premier obstacle, car des obstacles nous en rencontrerons toujours ; on peut même dire qu’ils sont inévitables ! Mais on doit demander à Dieu la force pour les surmonter, et la grâce de la persévérance. Demeurer dans la foi permet d’ouvrir son cœur et de s’épanouir dans l’amour. C’est tout le programme de la première Épitre de saint Jean que nous avons entendu en ce temps de Noël, et c’est une invitation à mettre en pratique le commandement de l’amour qui nous donnera la vie divine en plénitude.